samedi 17 octobre 2009

Rencontre au sommet

Il n'est pas simple de voir clair.
Mieux: il est très facile de s'égarer.
Il n'est pas aisé de se tenir près du bonheur.

Hier soir, je dinais avec un ami.
Il est presbyte, je suis myope.
A deux, nous faisions la paire.

J'aurais voulu avec lui refaire le monde, comme avant.
J'aurais voulu entrer dans le ciel, voir les grands horizons.
Peut être c'est parce que notre rencontre fut trop brève,
peut-être c'est parce que j'étais trop fatigué.

Ce qui s'est dit a eu une vertu, oui, c'est de nous faire respirer, de sentir notre proximité.
Peut-être vertu de nous faire avancer. Avancer, sans nous attarder dans la moindre impasse.

mardi 16 juin 2009

sans le doute absinthe-toi

J'ai une nouvelle lectrice, une nouvelle visite.
Qui découvrira le plaisir immense qui m'envahit alors, quand je sais une fois de plus que je ne suis pas seul, que c'est ça, une visite en plus, chaque fois c'est une fête, c'est une fête qui compte.

Il n'y a qu'une torsion que je répète inlassable.
Il n'y a que toi qui compte.
Je me tords vers toi
En me tenant loin de toi,
J'aspire à t'atteindre en tenant ferme au sol de mes pieds

Il n'y a rien qui me torde plus que t'aimer,
Rien qui m'épuise plus que te suivre.

vendredi 5 juin 2009

Renaître

Je voudrais renaître.
Quelqu'un pourrait m'aider?
Toi?

Je voudrais renaître.
De neuf, tout recommencer.
Retrouver cette liberté, cet élan.
Où est-il passé?
Comment se fait-il que je sois devenu et terne elle?


vendredi 27 février 2009

Naïf économisme

Beaucoup d’économistes ont un optimisme qui les revêt d’une certaine candeur qui leur donne une apparence d’innocence qui éviterait de les traiter d’insolents, d’arrogants et de dangereux dignes de ces philosophes dont Platon appelait de ses voeux le règne au côté des princes de ce monde.

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Ils nous disent que l’avenir est riche de découvertes extraordinaires qui donneront une réponse à nos angoisses actuelles (pollution, violence, inégalités, promiscuité, …).

Selon eux, le principe de précaution par exemple est une réaction anachronique, contre productive, coûteuse et, disent-ils, irrationnelle.

Selon eux, demain, on roulera avec dans le réservoir de l’eau (hydrogène) à la place du pétrole. Selon eux, la faim sera vaincue grâce au plein essor de marchés financiers libérés de toute entrave, notamment en ce qui concerne les instruments financiers qui permettent de spéculer sur les denrées alimentaires.

Selon eux, l’agro-business est une chance plutôt qu’une menace; l’industrie pharmaceutique est pleine de généreuses ambitions.

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Fondamentalement, ce discours nous engage à hypothéquer l’avenir pour tirer des traites sur le présent. Peu importe le coût pour l’avenir, pourvu que nous ayons tout au présent. Seul le présent a, pour eux, une valeur vraiment. Voilà une thèse éminemment matérialiste: pas d’opium du peuple d’un salut dans un quelconque avenir. Le présent de la jouissance seul compte.

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En supposant même qu’il faille donner au discours économique, somme toute dogmatique, une once de raison, je préférerais toujours aller à pieds à la fontaine prendre dans mes mains une gorgée d’eau fraîche en laissant le temps filer entre mes doigts, selon le principe décrit quelque part dans le Petit Prince de St Ex.

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Peut-être ma posture est-elle elle-même fausse et dangereuse, car le temps est précieux, qu’on soit économiste ou non.

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Je n’ai pas raison. C’est la seule chose dont je suis absolument certain et qui me plait car tu peux me la dire. La raison importe d’ailleurs peu. Ce n’est pas elle qui me fait vivre vraiment.

mardi 24 février 2009

Jamais sans ma marché!

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Le plus extraordinairement triste, je ne sais pas si tu l'as remarqué, c'est que les réunions de "G 20" & Co ont dans leurs déclarations solennelles de clôture eu le soin de préciser que la solution à la crise doit être trouvée à l'intérieur des clôtures des marchés. Parce que par dogme par hypothèse par définition, il n'y aurait pas de solution acceptable, admissible, en dehors du marché.
Le marché, c'est sacré!
C'est triste à pleurer.
Heureusement, je lis de plus en plus souvent l'idée du soulèvement.
Tout espoir n'est pas perdu pour toujours.
Ris! Il est encore temps

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mercredi 3 décembre 2008

Silence

ça y et, je me suis décidé.

Je regarde le silence que je garde.
Je le prends dans mes mains et je rapproche mes yeux de son éclat vif et doux à la fois.
Le silence, qu'il est bon de le prendre de temps en temps et de le faire tinter à mes oreilles: "ding! ding!" il résonne dans le noir, le silence. Il résonne dans le noir.

Je ne dors pas: je veille. Qui sait? Qui sait? Qui?

dimanche 30 novembre 2008

Sortir de la crise: révolution

Rien à faire,
Pas de sortie de crise
Sans révolution
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Libérons-nous de tout!
Du capital, de la solidarité,
Du pénal, du social, du sexe, de l'alcool!
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Peccata! Peccati! Peccatorum!
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Envoyer en l'air toute arnaque!
Rester sur terre et y apprendre enfin la vie!
*
Vie
Mot infini
Mot singulier
Seul mot qui veut dire aimer
*

mardi 4 novembre 2008

Tu vis sans pourquoi








"La rose est sans pourquoi,

Elle fleurit parce qu'elle fleurit,

N'a pour elle-même aucun soin,

- Ne demande pas: Suis-je regardée?"




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Qui a écrit cela? Le prêtre surnommé Angelius Silesius, dans "Le voyageur chérubinique" (1657)

vendredi 24 octobre 2008

Sacré et violence

Si je veux du sacré - et moi j'en veux, je ne veux pas m'en passer - je dois accepter une violence, celle de la reconnaissance d'un 'tout autre' que moi.
Si je rejette toute idée de religion, je n'écarte pas pour autant la violence, au contraire, la violence devient mienne et je n'ai pas le secours de l'image du 'tout autre'.

René Girard est un révélateur magistral de l'erreur du rejet du sacré.

jeudi 16 octobre 2008

Qu'à venir


_____________________L'avenir est inconscient.

_______Il n'a pas de mesure.
Nourrissons-le d'espoir!


dimanche 12 octobre 2008

Jouer avec ses quatre mains

Fazil Say joue tout seul la partition pour quatre mains du Sacre du Printemps d'Igor Stravinsky: Prodigieusement captivant!!

lundi 29 septembre 2008

Texte du mois (Wikipedia, portail de philosophie)

« Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, ce qu'on sent aujourd'hui, à la vue du travail – on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu'un tel travail constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l'amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l'on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l'on adore aujourd'hui la sécurité comme la divinité suprême. – Et puis ! épouvante ! Le « travailleur », justement, est devenu dangereux ! Le monde fourmille d' « individus dangereux » ! Et derrière eux, le danger des dangers – l' individuum (2) ! [...] Êtes-vous complices de la folie actuelle des nations qui ne pensent qu'à produire le plus possible et à s'enrichir le plus possible ? Votre tâche serait de leur présenter l'addition négative : quelles énormes sommes de valeur intérieure sont gaspillées pour une fin aussi extérieure ! Mais qu'est devenue votre valeur intérieure si vous ne savez plus ce que c'est que respirer librement ? si vous n'avez même pas un minimum de maîtrise de vous-même ? »

Nietzsche, Aurores (1881), Livre III, § 173 et § 206, trad. J. Hervier, Gallimard, 1970 (cité par Wikipedia, Portail de philosophie, texte du mois, consulté le 29 septembre 2008)

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mardi 23 septembre 2008

Pour le tout toi

sail away

Je voudrais partir à jamais sans espoir de retour.

Non, grand romantique, reste ici, fait ton oeuvre, sans répis, en plein désespoir précisément, sans fruit, sans lumière, sans air, sans sourire.

Vas-y! Attaque tous les moulins de la terre, monte sur ta jument Rossinante,

Avance, avance! A l'attaque! Attaque les fumées, arrête les marées, erre, erre.

Erre! Erre! sur la terre. Elle aime ça, elle aime ces petits humains qui trottent sur sa croute.

Sa croute, la croute terrestre, je veux dire.


Enya - Sail Away
envoyé par trapux